Le Comité pour la protection des journalistes (Committe to Protect Journalists, CPJ) a rendu publique la première partie de son dernier classement des pays du monde exerçant la censure la plus forte envers la presse. L’Erythrée, la Corée du Nord et l’Arabie Saoudite arrivent en tête.

Photo d'illustration. Manifestation pour la liberté de la presse en Iran, en 2009, à Paris. Christophe Hérou / Citizenside

Photo d’illustration. Manifestation pour la liberté de la presse en Iran, en 2009, à Paris. Christophe Hérou / Citizenside

Parmi les différentes tactiques mises en place par les régimes autoritaires pour bâillonner les journalistes, l’enquête sur l’état de la liberté de la presse menée par le CPJ cite la surveillance, le harcèlement judiciaire et policier, la limitation des autorisations d’exercer le journalisme ou le blocage des correspondants étrangers, sans oublier le contrôle du web. Sans véritable surprise, les dix pays du monde les plus hostiles à l’égard de la presse ont en commun, outre celui d’être dirigés d’une main de fer, d’avoir recours à toutes ou quasiment toutes ces stratégies.

Premier du classement, l’Erythrée se distingue par une politique ultra-agressive envers les journalistes et un féroce contrôle d’internet et de la téléphonie. Le pays d’Afrique de l’est, dirigé depuis 22 ans par le président Isaias Afewerki, arrive en tête des pays africains comptant le plus de journalistes emprisonnés (23), mais également en tête des pays ayant le moins d’habitants disposant d’un téléphone portable (5,6 %). “Craignant des insurrections dans le sillage du printemps arabe, l’Érythrée a abandonné en 2011 son projet de mettre l’Internet mobile à la disposition de ces citoyens, limitant ainsi la possibilité d’accès à une information indépendante”, détaille par ailleurs le CPJ. Ainsi, moins de 1 % de la population est connecté.

Les 10 pays exerçant la censure la plus forte selon le CPJ :

1 – Érythrée
2 – Corée du Nord
3 – Arabie Saoudite
4 – Ethiopie
5 – Azerbaïdjan
6 – Vietnam
7 – Iran
8 – Chine
9 – Birmanie
10 – Cuba

En Corée du Nord, également habituée à trôner en tête des différents classements sur la censure et la répression, moins de 10 % de la population possède officiellement un téléphone portable. A côté de cela, “la quasi-totalité des contenus des 12 journaux principaux de la Corée du Nord, de ses 20 revues et de ses radiodiffuseurs proviennent de l’Agence centrale de presse coréenne officielle”, peut-on lire dans le rapport, qui rappelle en outre que la restriction d’Internet y est extrême, comme dans presque tous les pays communistes.

Dans l’Arabie Saoudite de la dynastie Al-Saoud, la situation ne cesse de se dégrader. Troisième du classement, le pays a perdu cinq places en trois ans. Le CPJ note à ce sujet que le durcissement de la loi sur la presse adopté en 2011 dans le contexte des printemps arabes a rendu la vie des journalistes ou des blogueurs encore plus difficile. En 2014, une nouvelle loi antiterroriste, puis un contrôle plus pressant encore de YouTube (très prisé des jeunes Saoudiens), a fini d’assombrir le tableau. “En octobre (dernier) le gouvernement a invoqué une loi de 2007 sur la cybercriminalité pour accuser au moins sept Saoudiens d’infractions relatives à leur utilisation de Twitter prétendument pour critiquer les autorités et pour appeler à ce que les femmes soient autorisées à conduire“, constate enfin le CPJ, dont le rapport complet sera publié le 26 avril prochain sur son site internet.

Fondé en 1981, le CPJ est une organisation indépendante basée à New York.

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