L’Apple Watch, nouveau gadget high-tech de la firme à la pomme, sort officiellement aujourd’hui. Cette montre connectée ouvre la voie à de nouveaux usages. Un enjeu pour les médias qui s’emploient à tirer le meilleur parti de ce nouveau support pas franchement adapté à la lecture.

iwatch

Des modèles d’exposition d’Apple Watch Sport à l’Apple Store Opéra de Paris. Citizenside / Giuseppe Amos

La sortie de l’Apple Watch, dernier né de la firme californienne, fait couler beaucoup d’encre. L’entreprise a déjà réussi à démocratiser l’usage des smartphones et des tablettes tactiles, ce qui n’empêche pas les experts de s’interroger sur la place des montres connectées dans notre quotidien. Des modèles sous Android permettent pourtant déjà de consulter son agenda, la météo, d’organiser sa séance de fitness – et même de lire l’heure – mais pas vraiment de lire tout court. Pas évident donc de s’informer sur un écran plus petit qu’une photo d’identité.

La naissance de “l’article mono-phrasé”

Si les tweets sont déjà un peu trop longs, inutile d’évoquer des articles de plusieurs milliers de signes. Une nouvelle façon d’écrire s’impose. C’est ce qu’Andrew Phelps, chef de produit au New York Times, appelle “l’article mono-phrasé”. Les informations essentielles sur l’actualité du jour doivent tenir dans un espace microscopique. Ces “tranches d’info” apparaissent sur l’écran comme des notifications. Si le lecteur veut poursuivre l’article, direction le smartphone ou la tablette, toujours connectés à la montre.

Le quotidien national américain USA Today a déjà lancé une application Android Wear sur un modèle similaire. Le média propose cinq morceaux choisis deux fois par jour. L’heure est configurée par l’utilisateur. Les “breaking news” sont envoyées via des notifications push. Les infos sont rapides et concentrées.

Les Français sur les starting-blocks

Les médias français ne sont pas en reste. L’Express, Francetv Info, Le Monde, Le Figaro, Europe 1 et BFM TV se sont déjà lancés dans la course. Leurs applications respectives permettent de recevoir des alertes ou de consulter des “articles mono-phrasés” incitant généralement à une lecture sur smartphone. Certaines proposent de sauvegarder ou de partager le contenu. Sur celle de L’Express, l’utilisateur peut accéder à un résumé de 300 signes en tapant sur le titre (impression d’écran ci-dessous). Si certaines alertes sont accompagnées de photos, il n’est pour l’instant pas possible d’y lire des vidéos.

 

Se tenir au courant

La montre intelligente implique une autre consommation de l’information. Elle se fait au fil de la journée, très fréquemment, mais aussi plus rapidement. On se “tient au courant”. Selon le PDG de News Republic, Gilles Raymond, les gens vont regarder leurs écrans bien plus souvent. Les occasions de consommer de l’information vont donc se multiplier. Olivier Lendresse, directeur éditorial adjoint chez France Télévisions Editions Numériques, estime pour sa part qu’il y a “une vraie demande des internautes pour recevoir des informations par des titres courts et factuels”. L’analyse s’efface donc au profit d’une course à l’info brûlante. Reste à savoir si la curiosité des utilisateurs sera stimulée ou noyée dans ce flot d’alertes.

There are no comments.

Leave a Reply