Moins d’une heure après le séisme d’une magnitude de 7,8 qui a secoué le Népal le 25 avril, Google réactivait son outil Person Finder pour inciter les survivants à se signaler et les proches des victimes à lancer des avis de recherche. De son côté, Facebook annonçait la mise en service de sa toute nouvelle fonction Safety Check.

Citizenside/Bikash Khadge

Citizenside/Bikash Khadge

L’implication des deux géants du web dans des situations de catastrophes naturelles majeures n’a rien d’inédit. Inspiré du site mis en place à la suite du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis et piloté par une équipe dédiée, le Person Finder de Google a vu le jour en 2010 à l’occasion du tremblement de terre en Haïti.

A l’époque, Google avait activé son outil 72 heures après la secousse. La même année, lors du séisme au Chili, ce délai était tombé à 24 heures, puis à trois heures, en 2011, dans le cas du tremblement de terre en Nouvelle-Zélande, et enfin à une heure, toujours en 2011, après le séisme et le tsunami ayant ravagé une partie du Japon.

La “référence” : le séisme de 2011 au Japon

C’est d’ailleurs dans le cadre de la catastrophe japonaise que l’outil humanitaire de Google a pris tout son sens. Dans un pays ultra-connecté et densément peuplé, le recours au web et aux réseaux sociaux dans la recherche de survivants y a atteint des sommets. Au total, 250 000 fiches furent renseignées dans le Person Finder. A titre de comparaison, dans le cas du Népal, on en dénombrait environ 7 000 le 28 avril, trois jours après le séisme.

Capture d'écran / Google 2015

Capture d’écran / Google 2015

Basé sur l’open source, le Person Finder de Google est aussi simple d’utilisation qu’il est réactif. On peut soit y consulter la liste des personnes disparues (et créer un avis de recherche si aucune fiche n’a encore été créée), soit livrer de nouvelles informations à propos d’une personne recherchée. L’ensemble des données est accessible à tous les internautes et Google affirme ne pas intervenir (ce qui a pu favoriser la circulation de fausses informations en 2011 après le séisme au Japon, comme le rapportait alors le Daily Mail – article en anglais). Si une personne se signale, la fiche peut être mise à jour par ce dernier ou par ses proches et le statut informe alors que “Quelqu’un a reçu des informations prouvant que cette personne est vivante”. A noter que la fonction recherche est accessible par SMS au Népal, en Inde et aux Etats-Unis.

Safety Check lancée en octobre 2014

Capture d'écran de la vidéo de présentation de Safety Check

Capture d’écran de la vidéo de présentation de Safety Check

Dans cette “chasse” aux survivants, Facebook n’est pas en reste. En octobre dernier, la société a annoncé le lancement du Safety Check (présentation en anglais), conçu pour permettre aux personnes présentes sur les lieux d’une catastrophe d’annoncer qu’elles sont en vie et de rassurer leurs proches.

En 2011, les ingénieurs japonais de la firme avaient mis au point et testé durant une année une fonction nommée Disaster Message Board, l’ancêtre du Safety Check“Quand des désastres surviennent, les gens ont besoin de savoir que les personnes qu’ils aiment sont hors de danger, a commenté sur son mur Mark Zuckerberg, le président de Facebook, à la suite du séisme népalais. Ce sont des moments comme ceux-là où rester connecté compte vraiment… Mes pensées vont à tous ceux qui ont été touchés par cette tragédie”.

Grâce à la technologie GPS, le “contrôle d’absence de danger” – son nom en français – s’active sur le compte des utilisateurs résidant ou s’étant localisés dernièrement dans la zone concernée par la catastrophe. Il suffit alors de préciser que l’on est hors de danger ou que l’on ne se trouve pas dans la région sinistrée. Vos amis peuvent aussi le préciser à votre place.

“L’aide humanitaire digitale”

Le rôle joué par les réseaux sociaux et le web en général dans l’après-catastrophe au Népal n’a donc rien de nouveau ni de surprenant. L’événement népalais semble n’avoir fait que révéler la maturité de ce qui a souvent été nommé “l’aide humanitaire digitale”. On peut citer également l’apparition de plusieurs projets de cartographie participative (crowdsourced mapping en anglais), par ici, par  ou encore ici, mais aussi l’activation de la plateforme MicroMappers, soutenue par les Nations unies, et de son armée de volontaires, les Digital Jedis, prêts à éplucher, vérifier et recouper des milliers de tweets et d’images pour en extraire de précieuses informations. L’objectif qui sous-tend ces initiatives est toujours le même : produire des données utiles et venir en appui des opérations de sauvetage, d’aide ou de recensement d’urgence déployées sur place. Une manière de prêter main forte, même derrière son écran, aux victimes d’une catastrophe.


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