Sujet de conversation universel et indémodable, la météo est omniprésente sur les réseaux sociaux. Parler de la pluie et du beau temps sur des applications dédiées contribue d’ailleurs à la réalisation en temps réel de bulletins ultra-localisés. Certains de ces services vont jusqu’à proposer d’exploiter les données récoltées par votre smartphone pour le transformer en station météo de poche.

Un homme photographie un halo solaire, le 21 mai 2015, à Mexico. Citizenside / Irving Cabrera Torres

Des bulletins météo collaboratifs

Capture d’écran de l’application Weathermob

Qui n’a jamais été tenté de prendre une photo du ciel pour témoigner de la météo ? Qu’il pleuve, qu’il neige, qu’il vente ou qu’il fasse beau, les images du temps qu’il fait inondent constamment la Toile.  Des observations parfois plus précises et plus fiables que les bulletins météo classiques. C’est en partant de ce constat qu’a été lancée en 2011 l’application Weathermob. Avec leur smartphone, les utilisateurs de ce réseau social dédié à la météo sont invités à décrire le temps qu’il fait chez eux et l’influence de la météo sur leur humeur. Un post qu’ils peuvent notamment accompagner d’un commentaire et d’une photo ou d’une vidéo pour illustrer le tout. Celui qui souhaite se rendre à la plage à côté de chez vous saura donc s’il doit emmener un parapluie ou un parasol. Par son côté ludique, ce service a remporté un franc succès : il revendique aujourd’hui 400 000 téléchargements et 100 000 membres actifs à travers le monde.

Cette communauté de passionnés est certainement l’argument qui a convaincu le Japonais Weathernews de racheter Weathermob en mai dernier. Pour cette société, qui fournit des données météorologiques à des professionnels issus du secteur de l’aviation ou du transport routier, les smartphones représentent l’avenir de l’industrie des prévisions météo. D’autant plus que les derniers modèles sont désormais équipés d’un baromètre servant à mesurer les variations d’altitude, mais également la pression atmosphérique. “C’est très important pour nous, car si nous arrivons à récolter les données de ces capteurs, nous pourrions même prévoir la route d’un typhon ou d’une tempête”, a déclaré Tomohiro Ishibashi, le directeur de Weathernews, au site TechCrunch.

Des smartphones transformés en stations météo ambulantes

Capture d’écran de l’application WeatherSignal.

Plusieurs start-ups se sont d’ailleurs déjà lancées dans ce créneau. Depuis sa dernière mise à jour, l’application Dark Sky (uniquement disponible aux Etats-Unis), laquelle propose également à ses utilisateurs d’envoyer leurs observations de terrain, exploite ainsi le baromètre intégré aux dernières versions de l’iPhone. Ces relevés sont censés augmenter la fiabilité des prévisions météo à court terme, la spécialité de ce service qui alerte ses utilisateurs quand la pluie s’apprête à tomber là où ils se trouvent. Sur le blog de la société, son cofondateur Adam Grossman justifie ce recours au crowdsourcing (production participative) : “Jusqu’ici, nous nous appuyions essentiellement sur des stations météo officielles pour valider nos prévisions. Mais il y a en a relativement peu à travers le monde et elles ne fournissent pas toujours de relevés quand c’est nécessaire. En sollicitant nos utilisateurs, nous augmentons considérablement la masse des données dont nous avons le plus besoin”.

Outre son baromètre intégré, la batterie d’un smartphone peut également constituer un indicateur météorologique. Depuis plusieurs années, les appareils sont en effet dotés d’une sonde thermique qui sert à éviter la surchauffe en cas d’utilisation intensive. Or, les développeurs de WeatherSignal, une application pour Android, ont observé une corrélation entre la température de la batterie et la température ambiante. Ils ont donc mis au point un algorithme qui permet d’utiliser votre smartphone comme un thermomètre. Le projet est encore au stade expérimental et le système comporte encore une marge d’erreur, mais il intéresse d’ores et déjà des institutions telles que le Met Office, l’équivalent britannique de Météo-France.

Avec le développement du “big data”, le ciel semble donc dégagé pour ces applications qui proposent de transformer votre smartphone en station météo de poche. D’ailleurs, les acteurs du marché cherchent déjà à diversifier leurs sources de données. Les développeurs de Wezzoo ont ainsi les yeux braqués sur les objets connectés. Cette start-up française s’apprête à lancer une campagne de crowdfunding pour financer son dernier projet baptisé Oombrella, un parapluie bourré de capteurs qui effectuera des relevés en temps réel pour enrichir son nuage de données.

Un homme marche sous la neige à Annecy, le 27 décembre 2014. Citizenside / Anthony Deperraz

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