L’été est souvent l’occasion pour les photographes de s’essayer à un exercice de style : photographier des événements climatiques ou des feux d’artifice. Mais comment réussir à capturer la fugacité de la foudre ou d’un bouquet final ? Maxime Reynié et Olivier Staiger, deux contributeurs de Citizenside, nous éclairent sur la marche à suivre.

LES ESSENTIELS

De sa terrasse, Maxime a pu profiter d'une vue dégagée pour capturer cet éclair. Citizenside/Maxime Reynié

De sa terrasse, Maxime Reynié a pu profiter d’une vue dégagée pour capturer cet éclair. Citizenside/Maxime Reynié

Pour capturer la foudre en photo, il n’est pas nécessaire de disposer d’un appareil professionnel. Il suffit avant tout que celui-ci vous permette de modifier le temps de pose, soit le temps nécessaire à l’appareil pour capturer la lumière, une donnée primordiale pour réussir une photographie d’éclair ou de feu d’artifice. Sans cette fonction, il sera pratiquement impossible d’obtenir un cliché net du phénomène lumineux fugace, même en mode rafale, et encore moins à l’aide d’un smartphone.

De manière générale, mieux vaut privilégier les objectifs grands angles“J’utilise un Nikon d7200 avec un objectif 18-140mm (3,5/5,6) de base, faute de mieux”, confie Maxime Reynié, jeune photographe toulousain. “Pour le reste, il faut obligatoirement un trépied”. En effet, impossible de prendre une photographie nette sans un trépied solide, qui empêchera votre appareil photo de bouger voire de tomber à cause du vent. Attention également à la pluie qui peut sérieusement endommager votre appareil, d’où la nécessité de bien le protéger. Si vous ne souhaitez pas investir dans des protections spécialement conçues pour, une système de fortune peut faire l’affaire : “J’ai utilisé un sac de supermarché avec un trou pour l’objectif”, reconnaît ainsi Maxime Reynié.

Après s’être assuré du bon fonctionnement de son matériel, il ne reste plus qu’à trouver le spot idéal. Un bon emplacement déterminera en grande partie la qualité de vos photos : ni trop près ni trop loin pour capter suffisamment la lumière de la foudre et ne pas se mettre en danger. L’erreur à éviter : vouloir s’approcher au plus près de l’orage. Il faut en effet préférer un endroit légèrement éloigné et bénéficiant d’une vue dégagée.

OPTIMISER SON APPAREIL

En activant le mode BULB, vous pourrez photographier plusieurs éclairs et leurs ramifications. pour un résultat impressionnant ! Citizenside/Olivier Staiger

En activant le mode BULB (B), vous pourrez photographier plusieurs éclairs et leurs ramifications sur une seule photo. pour un résultat impressionnant. Citizenside/Olivier Staiger

Immortaliser la foudre est un véritable exercice de style, le mode automatique est à proscrire. En passant en mode manuel (M), vous optimiserez les capacités de votre appareil. La mise au point est également capitale si l’on ne veut pas photographier un éclair flou. La solution consiste alors à faire manuellement la mise au point sur l’infini. On pourra ensuite modifier l’ouverture du diaphragme.

Face à un éclair, il est conseillé de fermer au maximum le diaphragme pour favoriser une profondeur de champ et agrandir la zone de netteté. De cette façon, la photo ne sera pas surexposée. Pour rappel, plus la valeur du diaphragme est grande (ex : f/11), moins la lumière rentrera dans l’objectif et plus le champ de netteté sera étendu. A l’inverse, plus la valeur est petite (ex: f/2,8), plus la lumière passera et le champ de netteté sera resserré.

Il ne reste plus qu’à modifier la sensibilité à la lumière de son capteur, ce que l’on appelle la sensibilité ISO. L’éclair émettant une lumière très vive, la sensibilité doit être réduite. En abaissant les ISO, il faudra laisser l’obturateur ouvert plus longtemps pour permettre à la lumière de passer par l’objectif. C’est ce que l’on appelle le temps de pose. Des ISO à 100 et un temps de pose compris entre 5 et 20 secondes suivant la luminosité du ciel sont généralement suffisants pour se lancer. L’idéal, toujours, est le recours au mode BULB (B), qui permet un temps de pose supérieur à 30 secondes et donc la possibilité de photographier le bouquet final d’un feu d’artifice ou  plusieurs éclairs sur une même photo comme le fait Olivier Staiger, photographe suisse adepte des événements climatiques. Attention à ne pas trop augmenter les ISO qui peuvent causer du bruit sur vos photos, ces pixels qui en parasitent la netteté.

LES ASTUCES EN PLUS

Le petit plus selon Olivier Staiger : avoir un élément au premier plan pour rendre votre photo originale. Citizenside/Olivier Staiger

N’hésitez pas à shooter en RAW + JPEG. En plus de votre fichier déjà compressé, vous pourrez modifier en post-production le fichier RAW et en extraire le meilleur, comme Maxime Staiger : “Je fais un très léger traitement sur la photo avec Adobe Lightroom pour corriger des défauts (poussière et gouttes de pluies), corriger la lumière, etc…” Multiplier les plans avec plusieurs objectifs peut également s’avérer utile. Attention toutefois de ne pas en changer trop souvent, au risque de manquer un éclair.

La cerise sur le gâteau : les filtres, pour éviter les aberrations et la sur-exposition, ainsi qu’une télécommande pour favoriser la stabilité des photos. Ensuite, “il faut simplement se lancer”, conseille notre contributeur Olivier Staiger, et persévérer dans son travail. “Je reste à côté de mon appareil et je prends des photos non-stop pour ne pas rater le bon moment, en espérant qu’un éclair s’incruste”, ajoute quant à lui Maxime Reynié.

Le tout est de vérifier son travail dès la première photo afin de s’adapter au mieux : “Je fais un essai et je vérifie immédiatement sur l’écran de l’appareil pour voir si c’est assez lumineux, confirme Olivier Staiger. Si nécessaire, je fais alors une pose plus longe et/ou je pousse les ISO… Tout est à voir sur place avec la lumière ambiante”. 

Des conseils que vous pouvez aussi appliquer pour réussir vos photos de feux d'artifices. Pratique !  Citizenside/Sayed Elmasre

Des conseils que vous pouvez aussi appliquer pour réussir vos photos de feux d’artifice. Citizenside/Sayed Elmasre


Pour aller plus loin…

Sur le blog :
Photos en basse lumière : 5 conseils pour les réussir

Sur Citizenside :
La série complète de Maxime Reynié sur un orage à Toulouse en 2015, ici et .
Les séries d’Olivier Staiger sur des aurores boréales en Islande en mars 2015, ici et  et des éclairs en Suisse en août 2010, .

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