La seule manière de se protéger à 100 % contre le vol d’images sur internet est probablement de ne jamais en mettre en ligne. Or, en tant que photographe, une présence sur le web et les réseaux sociaux est désormais incontournable afin de valoriser son travail. Si le vol de photos ne disparaîtra jamais, il existe toutefois de nombreuses techniques pour refroidir les pilleurs d’internet.

Régler les métadonnées. Le premier réflexe pour protéger ses photos est de bien penser à régler les données EXIF et IPTC de son appareil afin que le nom de l’auteur du cliché apparaisse dans les métadonnées, au même titre que les diverses informations techniques. En cas de litige, ces données serviront à démontrer à qui appartient l’image. Pour comprendre les différences entre EXIF, IPTC ou XMP, voici un lien intéressant.


Bien nommer ses fichiers. Lors d’un vol d’images, la plupart des voleurs ne prendraient même pas le temps de modifier le nom du fichier avant de le republier. Pensez donc à bien nommer vos images en conservant par exemple le nom d’origine du fichier et en indiquant la date, le lieu ou encore votre nom. Evitez ainsi “image01.jpg” ou “TourEiffel.jpg” et privilégiez plutôt “DSC00001_TourEiffel_20150922_MichelDupont.jpg”. Il vous sera plus facile de traquer ensuite sur internet d’éventuelles copies illégales.


Le watermark (ou filigrane). Technique largement répandue, celle-ci consiste à apposer un logo, une signature, l’adresse d’un site internet ou toute autre mention directement sur la photo. C’est ce que nous faisons, à la rédaction de Citizenside (voir l’image ci-dessous), pour protéger le travail de nos contributeurs publié sur notre site ou sur les réseaux sociaux. Un watermark centré dissuadera davantage un voleur d’images qu’un watermark dans un coin de la photo, puisqu’un simple recadrage permettra de le supprimer sans trop perdre de l’intérêt visuel d’une image. Néanmoins, le watermark peut déplaire à certains photographes, car il perturbe indéniablement la lecture d’une photo et son esthétique.

Citizenside / Marcos Del Mazo

Citizenside / Marcos Del Mazo

Le watermark caché. Le site PHlearn.com dispose d’un excellent guide quant à la manière d’installer un watermark “caché”, ou “secret”, sur ses photos (lien en anglais). Le principe est simple : la photo publiée apparaît sans watermark, mais une fois téléchargée à l’aide du classique clic droit > enregistrer sous, sa copie sera dotée du filigrane. Un excellent moyen de présenter son travail sans en détériorer la qualité visuelle. Pour y parvenir, il faudra toutefois être en mesure de modifier le CSS (Cascading Style Sheets, ou “feuilles de styles en cascade” en français) de son site internet ou de son blog.

Alternative : vous pouvez également consulter ce tutoriel en ligne pour créer sur Lightroom des watermarks extrêmement discrets, qui dénatureront peu vos clichés :

On peut également mentionner la technologie développée par la société américaine Digimarc, spécialisée dans le tatouage numérique. “Le filigrane numérique est enregistré sous forme de bruit (mais très léger) dans l’image si bien que même si la photo est imprimée, le filigrane sera toujours visible après numérisation de cette dernière”, peut-on lire sur Photograpix.fr, qui fournit un mode d’emploi pour utiliser Digimarc.


Le calque transparent. Ceux qui maîtrisent le CSS pourront aussi opter pour la solution de l’image transparente “posée” par dessus leur site, avec photo(s) en arrière-plan. Conséquence, en cas de clic droit, l’internaute ne fera en réalité que copier le calque transparent du premier plan. Une ruse intéressante développée sur ce site (en anglais), au point 4.


Formats et compression. A l’aide d’un logiciel de retouche photo, n’hésitez pas à réduire la taille de vos images ou à les compresser. Un fichier de 600 px de largeur à 15 px/pouce, à titre d’exemple, risque de moins intéresser un voleur tout en assurant un rendu correct pour une diffusion sur internet.

Comme ici sur Photoshop, réduisez la taille et la résolution de votre image afin de la rendre moins attractive.

Comme ici sur Photoshop, réduisez la taille et la résolution de votre image afin de la rendre moins attractive.


L’anti-clic droit. Rien ne peut contrer une capture d’écran, mais empêcher un internaute d’avoir accès au clic droit, et donc au “enregistrer sous”, est une sécurité de plus face au vol d’images. Encore une fois, cette solution ne concerne que celles et ceux qui publient des photos sur leur propre blog ou site et qui peuvent donc en modifier le code. Pour activer l’anti-clic droit, des explications ici (en français) ou encore (en anglais). Attention, interdire l’usage du clic droit reste une protection très partielle, car il suffit d’afficher le code source d’une page pour retrouver rapidement l’adresse d’une image.

La moitié des techniques évoquées ci-dessus ne s’appliquent qu’aux photographes disposant d’un site ou d’un blog personnel. Pour une diffusion sur les réseaux sociaux, où le vol d’images est tout aussi fréquent, il convient donc de privilégier la basse définition et le watermark visible. Mais se protéger contre le vol d’images, c’est aussi être capable de surveiller le web afin de vérifier que son travail n’ait pas été illégalement copié et diffusé. Pour ce faire, plusieurs excellents moteurs de recherche d’images inversés, comme Google Image, TinEye ou Pixsy, permettent de faire la chasse aux images volées et de demander ensuite des comptes aux voleurs, voire aux receleurs.

Pour aller plus loin…

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